La compagnie Rouge / Esope (théâtre musical, Lourdes) a de suite accepté l’invitation de Laura Skossa, animatrice de la maison de retraite Labastide. En ce mois de vacances, cinq des quinze jeunes artistes de la compagnie se sont rendus disponibles pour participer à ce stage avec une dizaine de résidents et résidentes de Labastide. Durant quatre après-midis, Laure Rossi, comédienne et metteuse en scène, a dirigé l’aventure, épaulée par Laura Skossa et Murielle Codron. Il fallut d’abord se connaître, se faire confiance, puis très vite -puisque le temps fut compté- se jeter à l’eau à travers différents ateliers. Tout le monde a créé, recherché, essayé, partagé. Il aurait pu être complexe d’accorder les vécus, les âges, les possibilités de chacun. Mais cette diversité a permis de faire naître des instants suspendus et uniques, que l’art vivant est si apte à créer.

Il s’agissait d’apporter de la joie, de l’écoute, et de la poésie aux résidents et résidentes. Les jeunes de Rouge/Esope ont recueilli les témoignages de ces personnes qui ont huit fois leur âge en moyenne. Ils ont fait preuve d’une intelligence humaine et d’une douceur inégalées au contact de leurs aîné.e.s. Merci à Inès, Maylis, Noémie, Eliora, et Armel pour leur précieuse présence. Chacun a appris de l’autre en face de soi, il a ri, pleuré, chanté, dansé, explosé parfois. Le dernier jour, le travail orchestré par Laure a fait l’objet d’une restitution devant un public dans la salle de spectacle de Labastide. En ayant seulement trois séances de deux heures pour monter quelque chose, le chemin comptait plus que le résultat, ce que le public d’intimes avait bien compris. Mais le tout fut très beau, au sens artistique et humain du terme. La Compagnie Rouge / Esope remercie le centre Labastide pour son accueil chaleureux et sera toujours là pour apporter le théâtre dans les maisons de retraite et autres lieux non dédiés, là où il est nécessaire. 

La branche amatrice (ESOPE) de notre compagnie recrute des jeunes de 11 à 30 ans ! Elle jouera le 7 février au Palais à Lourdes sa prochaine création de théâtre musical. Pour terminer, voici les mots que le jeune Armel adressait à la moins jeune Claudine :

« Quand tu seras vieille,

Tu auras des cheveux blancs

Comme Annie, comme Josette,

Des cheveux blancs comme un nuage,

Qui méritent d’être couronnés,

Après toutes ces années.

La vie aura tracé des chemins sur ta peau.

On dit des rides. On n’aime pas ça.

Alors que ce sont juste des chemins.

Il faudra être fière de tes chemins parcourus.

Tu sauras beaucoup plus de choses qu’aujourd’hui.

Tu seras encore plus courageuse.

Tu seras vieille, quoi. 

On n’aime pas ce mot. Alors que c’est la vie. 

C’est simple, c’est joli.

On vieillit.

Crédit photos : Edouard Breining


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